Cette particularité médiévale qui faisait qu’un lieu de pouvoir qui pouvait être partagé entre plusieurs co-seigneurs a souvent été citée par les historiens, mais jamais étudiée comme à Mouret : Archéologues, historiens et historiens de l’art ont ici croisé les connaissances acquises pour que nous soit contée une histoire riche et passionnante. |
La co-seigneurie de Mouret est une construction progressive depuis le XI° siècle née des luttes politiques régionales entre les comtes de Rodez, dans la mouvance desquels se trouve Mouret et les comptes de Toulouse-Rouergue. Pour contrer ces derniers qui menacent la frontière nord de leur comté, les comtes de Rodez ne cessent de renforcer leurs positions à Mouret même. A la famille éponyme et à son château sur roque qui donnera au tournant de l’an mil l’illustre Bégon abbé à Conques, s’adjoignent deux de leurs grands vassaux régionaux : les Entraygues qui s’installent à la Servayrie vers 1200 et les Estaing. Mais la pression toulousaine, puis royale, notamment avec Eustache de Beaumarchais, est si forte qu’elle finit par contraindre le comte de Rodez à abandonner ses positions à Mouret et à se replier sur Villecomtal. La Coseigneurie de Mouret se traduit alors par trois puis quatre chateaux dont subsiste aujourd’hui le Château de La Servayrie entièrement restauré et habité, associé à la Tour de Reilhac, la motte castrale du Château mage et quelques maisons médiévales ou Renaissance du Bourg. |